L’ancêtre de la vielle à roue: L’ORGANISTRUM 

ORGANISTRUML’organistrum, serait apparu il y a presque 1000 ans. Les plus anciennes représentations on été retrouvées en Europe (sur le portail de la cathédrale de St Jacques de Compostelle, entre autre).

Cet instrument ancestral possède les mêmes caractéristiques et principes fondamentaux que la vielle à roue contemporaine. Comme la vielle à roue d’ aujourd’hui, c’est un instrument à cordes frottées par une roue en bois qui prend le rôle de l’archet.

La roue était mise en rotation par une manivelle. Le clavier était beaucoup plus spartiate que sur les vielles actuelles mais on pouvait tout de même obtenir plusieurs notes au moyen de tirettes (ou tangentes) et en utilisant ses deux mains. Du fait de sa grande taille et de l’usage des tirettes, il fallait donc être deux personnes pour en jouer: l’une à la manivelle, l’autre à la mélodie. Il y avait 2 à 3 cordes frottées accordées en quinte ou en quarte. Cet instrument servait probablement à accompagner les chants liturgiques.

 

 

LA VIELLE A ROUE DU MOYEN-AGE A LA RENAISSANCE

Ecouter une cantigua de Santa Maria interprété par Gurvan LIARD(vielle à roue), Solène DIGUET (chant) et Gaëtan SANSON (percussions) 

 

chifonieVers le 13ème siècle, l’instrument évolue et peut désormais être joué par un seul musicien. Le principe des tirettes a disparu, remplacé par des touches que l’on enfonce de l’autre côté du clavier. Des cordes de bourdons font leur apparition en plus des cordes utilisées pour les mélodies. Cet instrument  très proche de la vielle à roue contemporaine s’appelle « chifonie » , il prendra aussi la forme de la »symphonie »…Durant les siècles qui suivront, la vielle à roue continue sa métamorphose. La caisse de résonance s’agrandit, le nombre de cordes augmentent, le clavier devient chromatique, on y ajoute le « chien »( petit chevalet mobile, qui en percutant la table, permet la production de rythmes). Au Moyen Age, elle est essentiellement utilisée par les troubadours et les ménestrels, mais elle est aussi probablement jouée par des « goliards » (tiens donc encore un Liard), moines marginaux errant de tripots en tripots en interprétant des chansons satyriques, à boire ou paillardes (dixit Paul Fustier).

A la fin du Moyen Age puis à la Renaissance, la vielle à roue anime toujours les fêtes populaires et est utilisée par les musiciens des rues (la lira mendicorum).

 

L’AGE D’OR

  vielle caisse guitareDans le courant du 18ème siècle ( entre 1725 et 1765 environ ), la vielle à roue devient un instrument « in » à la mode dans le milieu aristocratique. Un nombre impressionnant d’œuvres pour vielles est édité. La musique devient savante, baroque. On dit que c’est l’âge d’or de la vielle à roue (et du mythe de l’Arcadie). Les vielles sont ornées de marqueterie, on ajoute des têtes sculptées au dessus du cheviller. La lutherie se peaufine. Les premières vielles à roue fabriquées sur des caisses de guitare et de luths apparaissent.

 

 

DE LA RÉVOLUTION À AUJOURD’HUI

  vielle caisse de luthAprès la Révolution, la vielle à roue continue à faire danser dans les campagnes et les villes. Elle est aussi utilisée par des mendiants. Elle laisse au fur et à mesure sa place à des instruments émergents ( accordéons, violons ..) mais elle survit dans la musique folklorique.

Dans les années 70, commence le renouveau de la vielle à roue. Un renouveau, qui perdure jusqu’à aujourd’hui et ne cesse de s’enrichir et de se développer, tant en lutherie, qu’en productions musicales.

g.liard

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